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Le Visage de Dieu


Le Visage de Dieu Année : 2010

Genre : essai

Titre original : Le Visage de Dieu

Auteurs : Igor et Grichka Bogdanov

Le mystère de nos origines, peut-être dissimulé dans les profondeurs réputées insondables de l'univers, fascine toujours autant l'espèce humaine, qui dans sa quête de sens n'a eu de cesse, depuis des millénaires, de tenter de trouver une explication à tous les phénomènes naturels, qu'ils soient terrestres ou extra-terrestres, élaborant jour après jour des théories plus ou moins justes ou farfelues à mesure de ses innombrables expériences et découvertes, avec au fond le secret espoir d'embrasser un jour enfin par son savoir l'infini supposé d'un cosmos apparemment sans limites. C'est ce même mystère qui fait ici l'objet de la réflexion proposée par les frères Bogdanov - eux-mêmes bien souvent auréolés de mystère -, dans un essai manifestement destiné à un public large et dont le titre, Le Visage de Dieu, pourrait facilement choquer les esprits les plus cartésiens et les plus scientifiques, auxquels toute forme de pensée plus ou moins mystique inspire toujours la plus grande méfiance. Que l'on ne s'inquiète pas cependant, puisque les deux jumeaux les plus célèbres du monde n'entendent pas ici démontrer l'existence d'une quelconque entité divine, loin s'en faut.

Tout d'abord, cet essai, dans lequel les auteurs semblent pousser plus loin certains points de leur théorie de l'avant-Big Bang (une théorie qu'ils avaient déjà longuement développée dans leur précédent ouvrage, Avant le Big Bang), est l'occasion pour les lecteurs de découvrir ou de redécouvrir les grands événements de l'histoire de la cosmologie, des premières hypothèses d'univers en expansion à l'envoi dans l'espace du satellite PLANCK en 2009, en passant par la découverte, par hasard, du fond diffus cosmologique (ou rayonnement fossile) en 1965, qui confirma la théorie du Big Bang, une histoire passionnante et fort bien documentée, que les auteurs narrent avec un plaisir manifeste. En résulte une lecture agréable, intéressante et très enrichissante, qui permet au lecteur d'accéder sans mal à la deuxième partie du livre.

Dans cette deuxième partie, les frère Bogdanov tentent de remonter, par déduction, par hypothèses successives et, surtout, par un remarquable effort d'abstraction, jusqu'aux origines supposées de l'univers, dont la seule trace perceptible repose aujourd'hui dans le rayonnement fossile, dont WMAP fournit une carte détaillée en 2003 et à partir duquel les auteurs élaborent une théorie des origines qui n'est pas sans rappeler les idées d'un certain Philip K. Dick : l'univers, ou plutôt ce qui l'a précédé, n'aurait au départ été qu'informations, comme s'il s'était agi d'un programme informatique que l'on aurait ensuite mis en route pour le voir se dérouler de façon chronologique, passant ainsi du temps imaginaire au temps réel. Ces informations constitueraient donc en quelque sorte la matrice de l'univers et leur formidable précision (changer une seule décimale dans la vingtaine de grandes constantes qui régissent le fonctionnement de l'univers rendrait ce dernier chaotique) prouverait qu'il est impossible, ou du moins fortement improbable, que le monde dans lequel nous vivons soit le fruit du hasard. D'où le titre du livre et l'expression qu'utilisa George Smoot pour décrire les premières images du rayonnement fossile réalisées par le satellite COBE en 1992, une expression qui, à l'époque, choqua grandement la communauté scientifique : "Pour les esprits religieux, c'est comme voir le visage de Dieu."

En conclusion, si l'on peut ne pas être convaincu par la théorie des frères Bogdanov (qui, en l'absence de preuve, est aussi plausible qu'une autre), il n'en demeure pas moins que cet essai nous propose, sous une forme des plus accessibles, une réflexion qui a le mérite de nous en apprendre, au passage, beaucoup sur ce que l'on sait aujourd'hui de l'univers et sur la façon dont la science a construit ce savoir au fil des découvertes, et d'ouvrir en grand les portes de notre imaginaire en nous offrant une vision possible de l'avant-Big Bang. L'auteur de ces lignes, malgré la grippe qui le maintient depuis deux jours déjà dans un état de demi-conscience hallucinatoire, vous recommande donc chaudement (sa forte température aidant) la lecture de cet ouvrage.


Commentaires :

Julien (26/01/2011) :
Petite correction : Plack a été lancé en mai 2009, et pas en 2001.
Sinon, je tiens à préciser que le livre s'apprécie également très bien sans grippe !

Julien (26/01/2011) :
Planck* (pardon)

Erwan (26/01/2011) :
Voilà qui est corrigé. Merci d'avoir relevé l'erreur !

En ce qui concerne la grippe, elle n'est effectivement pas nécessaire pour apprécier cet essai !

Erwan (26/01/2011) :
Mais le fut pour finir d'en rédiger la critique... commencée en octobre 2010...

Julien (27/01/2011) :
Ah, oui, effectivement ! :-D
Je suis un peu moins à la bourre que ça puisque je viens juste de finir les critiques de décembre.

Erwan (27/01/2011) :
Je n'ai pas vraiment de retard dans mes critiques, étant donné que mon système n'est pas le même que le tien, mais j'en ai bel et bien trois ou quatre qui attendent, depuis plusieurs mois pour certaines, d'être terminées, ce qui suppose en premier lieu que je revoie les films ou relise les livres concernés. Néanmoins, cela ne m'empêche pas pour autant de faire de nouvelles critiques assez régulièrement, comme on peut aisément le constater. Heureusement, d'ailleurs.


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