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Napoleon Dynamite


Napoleon Dynamite Année : 2004

Titre original : Napoleon Dynamite

Réalisateur : Jared Hess

Il était une fois Napoleon Dynamite, jeune lycéen quelque peu attardé, martyrisé par ses camarades de classe et dont la vie ne présentait, a priori, strictement aucun intérêt pour les spectateurs que nous sommes. Ce film est pourtant l'histoire de cette vie, de la rencontre de Napoleon Dynamite avec Pedro, jeune Mexicain qui deviendra, faute de mieux, son meilleur ami, et Deb, une jeune fille somme toute assez mignonne dont il ne pourra que s'éprendre. Voilà, c'est à peu près tout.

Dehors, il fait froid, c'est l'hiver et bientôt la nouvelle année commencera. Cela fait déjà quelques heures que la nuit est tombée, mais la soirée ne fait que commencer. Vous n'avez qu'une envie : vous blottir dans votre lit sous une couverture bien chaude et regarder un film, peu vous importe lequel. Au moment de choisir ce dernier, lorsque vous vous approchez sans réelle conviction de votre collection pour le moins hétéroclite de DVD, vous voyez soudainement apparaître sous vos yeux ébahis cette jaquette dont les couleurs vives, du rouge, du jaune et du bleu qui vous rappellent votre enfance, lorsque vous jouiez encore aux Lego, cette époque bénie pendant laquelle vous viviez dans l'illusion d'être le centre du monde - une jaquette dont les couleurs, dis-je, semblent littéralement jaillir hors du boîtier pour vous noyer sous un déluge d'images fantaisistes toutes plus kitsch les unes que les autres, avec, arrivant par la droite, ce qui ne peut être, avec ces lunettes et cette coupe de cheveux à la mode des seventies, cette lèvre inférieure pendante et ces dents de lapin, cette maigreur squelettique et ces vêtements ridicules, qu'un nerd dans toute sa splendeur. Au-dessus, en lettres jaunes et bleues, flotte pesamment le titre éloquent de ce devant quoi vous vous apprêtez à passer près d'une heure et demie : Napoleon Dynamite.

Ca sent le navet à plein nez. Vous le savez. Et pourtant vous savez également que vous ne pouvez pas ne pas regarder ce film, et ce jusqu'au bout. C'est plus fort que vous, il faut absolument que vous le voyiez. De toute façon, vous dites-vous pour vous rassurer, c'est un film qu'on m'a prêté, qu'une fois rendu je pourrai prétendre ne jamais avoir vu. Tout va bien, l'honneur est sauf. Prenant votre courage et la boîte à deux mains, fébrile et la sueur au front, vous l'ouvrez (la boîte, pas votre courage) et prenez la première galette brillante qui s'offre à vous, la placez dans le lecteur DVD, allumez votre téléviseur et plongez ensuite dans votre lit, cherchant une position confortable sur quelques coussins que vous agencez tant bien que mal. A l'écran, déjà, les images aux couleurs vives sont apparues. Il ne vous reste plus qu'à appuyer sur la touche "OK" de votre télécommande. Les doigts tremblants, vous enfoncez la touche et le film commence.

En manière de générique, des assiettes posées les unes à la suite des autres sur des surfaces de différentes couleurs, des boîtes étranges et des cartes d'identité sur lesquelles sont inscrits les noms de ceux qui, tous ensemble, ont commis ce film. Voilà qui est original et a le mérite de donner le ton. Enfin, le générique se termine et Napoleon Dynamite apparaît en personne, à droite de l'écran, dans un plan d'ensemble (classique, au cinéma, on aime bien commencer par un plan d'ensemble avant de se rapprocher des personnages, même si des réalisateurs comme Hitchcock s'amusent parfois à faire exactement le contraire, en commençant, par exemple, par un très gros plan sur une partie du corps suivi d'un zoom arrière qui nous dévoile progressivement le lieu et les personnages de l'action), devant sa maison. On retrouve cette coloration particulière, un peu vive, et vous devinez sans trop de mal que le film se passe entre ici et nulle part, aux Etats-Unis. Et pendant ce temps-là, Napoleon vous fixe, le regard vide et la bouche à demi ouverte. On attend la bave, mais elle ne vient pas.

Enfin, le film démarre, succession de saynètes apparemment sans réel lien logique entre elles, au cours desquelles se déploie la personnalité pour le moins particulière de notre protagoniste éponyme quelque peu arriéré - du moins en apparence - et semble poindre l'ombre d'une intrigue, voire de plusieurs intrigues parallèles - Napoléon s'éprend de la jeune Deb, Pedro cherche à battre une lycéenne populaire de type bimbo décérébrée aux élections, l'oncle de Napoléon s'incruste chez lui après que sa grand-mère a eu un accident de quad, etc. -, le tout accompagné d'une petite musique guillerette fort sympathique. Vous vous rendez bien compte qu'il s'agit là d'une parodie de film pour adolescents, mais vous commencez à comprendre que ce film a quelque chose de plus. Vous avez honte, vous enfoncez plus encore dans votre lit, vos coussins, vous laissez finalement emporter, non par l'histoire que vous conte ce petit film (y en a-t-il vraiment une ?), mais par son atmosphère particulière, ses couleurs, sa musique, son montage envoûtant malgré sa lenteur, ses acteurs sympathiques, voire excellents (Jon Heder en tête, dans le rôle de Napoleon, qui vous épate à plus d'un titre, notamment lorsqu'il se met soudain à... danser...). Le temps passe alors sans même que vous en ayez vraiment conscience et vous vous prenez à regarder le générique dans son intégralité, surpris par la scène qui suit, sorte d'épilogue rajouté, lui aussi, sans raison apparente. Lorsque le film se termine pour de bon, vous restez là, confortablement installé dans votre lit douillet, un sourire béat sur les lèvres. Un peu comme on sort d'un rêve, vous sortez alors de votre lit, reprenez vos esprits, pensez que vous avez finalement passé un bon petit moment en compagnie de ce cher Napoléon Dynamite (réflexion inconsciente : "Ah, mais oui, il s'appelle comme ça parce que... ça n'a rien à voir avec le film ! Logique !" - oui, à ce stade, vous êtes contaminé par l'esprit délirant du film) et rejoignez votre ordinateur pour y faire quelques recherches sur le film.

Là, vous découvrez, ô surprise, que le film a tout de même été nominé 18 fois et a reçu 10 récompenses dans différents festivals, et pas nécessairement les moins connus ou reconnus, qu'il a été tourné pour un budget plus que modeste - à titre indicatif, la scène qui vient après le générique, tournée bien après le reste à la demande de la Fox (au vu du succès inattendu de cette toute petite production), a coûté la moitié du budget total du film et le cachet de Jon Heder s'élevait à 1000 dollars en tout et pour tout - et qu'il a eu, comme dit plus haut, un succès aussi retentissant qu'inattendu aux Etats-Unis... Vous décidez alors, parce que cela fait quelque temps tout de même que vous n'avez pas rédigé la moindre critique de film pour votre site personnel, d'en écrire une pour l'occasion, car le film, s'il n'a rien d'un chef-d'oeuvre universel, le mérite malgré tout, ne serait-ce que parce qu'il vous a mis de bonne humeur, vous a donné le sourire, et c'est déjà beaucoup.

Votre critique touchant à son terme, vous décidez alors de lui mettre un modeste 6.5/10, conscient malgré tout de ce que ce film fait d'ores et déjà partie de ces créations qui ne vous ont pas laissé indifférent et que vous aurez plaisir à voir et à revoir au cours des prochaines années. On peut le dire, Napoleon vous a conquis.


Commentaires :

Elodie (29/12/2009) :
Kitsch, c'est le mot ! C'est ce qui le rend bien agréable à regarder, avec tous les clichés des teen movies transposés dans l'Amérique profonde et les personnages "hors du commun" tellement ils sont ridicules... Ils en deviennent presque touchants.


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