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Transformers


Transformers Année : 2007

Titre original : Transformers

Réalisateur : Michael Bay

En raison d'un profond bouleversement hormonal, Shia LaBeouf, alias Sam Witwicky, se voit contraint d'entrer en possession de sa première voiture, seul et unique moyen de conquérir la fille de ses rèves, Mikaela Banes, interprétée par la ravissante Megan Fox, appelée à devenir le fantasme masturbatoire de nombreux adolescents à travers le monde. Bien entendu, Sam voudrait une Porsche, mais son père, taquin, semble en avoir décidé autrement, qui ne lui offre qu'une voiture de course jaune à bandes noires un peu poussiéreuse dont, bien sûr, absolument personne ne voudrait. Fort heureusement, le petit bolide aux allures de bourdon métallique réserve à son pilote bien des surprises, puisqu'il n'est autre, en réalité, qu'un robot venu de l'espace - de la planète Cybertron, plus précisément - pour récupérer un cube nommé All Spark (non, ce n'est pas le nom d'une équipe de basket), au sein duquel se trouve le pouvoir de créer des mondes nouveaux, pouvoir évidemment convoité par les monstrueux Decepticons (car tel est le nom que porte une partie de ces étranges robots extra-terrestres capables de se transformer (d'où le titre du film et de la série dont il est tiré) en tous types de véhicules et autres appareils tout droit sortis de l'imagination des hommes et de leurs usines), des êtres malveillants dont le seul but est de devenir les maîtres de l'univers, parce que c'est évidemment là ce à quoi tout méchant par nature se doit d'aspirer. Fort heureusement, les Autobots, leurs ennemis jurés et colorés, sont là pour les en empêcher, qui comptent dans leurs rangs Bumblebee (ce qui signifie, littéralement, "bourdon"), soit la Chevrolet Camaro Concept flambant vieille de Sam, Jazz, une Pontiac Solstice, Ironhide, un GMC Topkick 6500, Ratchet, un Hummer H2, et, last but not least, leur chef, Optimus Prime, un imposant camion Peterbilt. Enfin, parce qu'on ne sauve pas le monde sans l'intervention de l'armée américaine dans un film américain, cette dernière, qui détient, depuis la découverte par le grand-père de Sam Witwicky du chef des Decepticons, le puissant Megatron, prisonnier des glaces, dans les années 1930, le fameux All Spark, et dont le système de défense a été piraté par les Decepticons, se joint, après moult rebondissements, à Mikaela, Sam et leurs amis les Autobots, afin de protéger l'humanité du péril motorisé qui la menace. Le résultat : du grand spectacle, de belles images de synthèse et des explosions partout, le tout sur fond de musique épique et de belles carosseries, qu'il s'agisse de robots ou d'actrices.

On l'aura compris, le scénario de Transformers est loin d'être son point fort. Autant le dire, c'est tout simplement n'importe quoi. Cependant, force est de constater que Michael Bay a su tirer profit du potentiel visuel de cette histoire d'Autobots et de Decepticons en se servant, tout d'abord, d'effets spéciaux tout aussi nombreux qu'impressionnants, si bien que c'est toujours un plaisir que de voir se déployer et se déplier ces immenses robots dans cet écrin que devient alors l'écran (de préférence grand) pour ces petits bijoux robotisés à l'apparence de joujoux que sont les Transformers. Ensuite, et parce que les effets spéciaux ne seraient rien s'ils n'étaient mis en valeur de quelque façon, c'est l'esthétique désormais bien connue de Michael Bay qui, grâce à des plans longuement et savamment travaillés, toujours en mouvement (c'est d'ailleurs là ce qui donne l'impression que tous ses films ressemblent plus ou moins à de gigantesques clips ou publicités), toujours parfaitement cadrés et montés de manière à éviter aux spectateurs l'épilepsie (contrairement à de nombreuses réalisations des années 2000), offre à ces personnages de métal un cadre idéal pour s'y mouvoir, s'y combattre et s'y transformer à volonté, faisant de la sorte la joie des petits et des grands, venus retrouver, pour certains, les héros de leur enfance. Enfin, la musique composée par Steve Jablonsky, par moments épique à souhait, emporte le tout dans un déluge de scènes jouissives dont l'intérêt ne repose plus alors que sur le plaisir auditif et visuel qu'on en retire instantanément.

Les lignes qui précèdent pourraient laisser penser que l'oeuvre de Michael Bay n'est destinée qu'à des personnes dont l'encéphale aurait depuis longtemps cessé de fonctionner. Et nous allons voir de ce pas que tel est en effet le cas, dans une certaine mesure. Pour commencer, le simple fait que cette production soit à l'origine principalement destinée à un public d'enfants et de grands enfants aurait dû nous mettre la puce électronique à l'oreille : point de sang, point de sexe et point de réflexion, dans un film de ce genre ! Surtout lorsqu'il s'agit, en sus, de faire ce que l'on appelle du grand spectacle. La conséquence, c'est bien sûr un manichéisme de bon aloi, dans une histoire où l'on opposera sagement les bons Autobots, garants de la liberté (d'où leur nom, qui fait à la fois référence aux automobiles et à l'autonomie) contre les méchants Decepticons, dont le nom trouve son étymologie dans le mot deception, qui, en anglais, désigne la tromperie. Visuellement, cela se traduit par un jeu de couleurs d'une simplicité confondante, que l'on croirait hérité des westerns d'antan : des tons vifs et clairs pour les bons, et ternes et sombres pour les mauvais. Voilà ce qu'on appelle annoncer la couleur. A la fin, sans surprise, les gentils l'emporteront donc sur les méchants après un combat titanesque, au cours duquel on verra Sam, dans une scène mémorable, courir cube sous le bras, à la manière des footballeurs américains (car nous sommes bien, au fond, devant une sorte de match de football, où s'affronteraient sans merci les équipes du bien et du mal) pour échapper aux Decepticons et détruire ledit cube, boîte de Pandore des temps moderne qui rappelle étrangement le cube maléfique de la série des Hellraiser, jusque dans sa manière de se métamorphoser. Pour finir, Michael Bay, conscient de ce que toute histoire digne de ce nom ne peut avoir pour élément central que la rencontre de deux êtres destinés l'un à l'autre, se charge d'unir progressivement Sam et Mikaela, comme si la violence croissante des combats n'était au final qu'une représentation métaphorique des sentiments qui peu à peu germent dans le coeur de ces deux jeunes adolescents en mal d'émotions, à l'image de leurs spectateurs potentiels. Simple, mais efficace.

Pour finir, il nous faut mentionner un dernier aspect de Transformers, et non des moindres, puisque c'est là que le bât blesse. Nous l'avons dit, Michael Bay nous propose, une fois n'est pas coutume, un spectacle tout aussi divertissant qu'esthétique, qui semble reposer sur la sacro-sainte adéquation entre le bien, le beau et le vrai. Malheureusement, les qualités de cette réalisation sont également la source de son principal défaut : l'esthétique outrancière et publicitaire du réalisateur finit par ne plus laisser beaucoup de place à la psychologie des personnages, si bien qu'à la fin, faute d'espace pour s'exprimer, ces derniers finissent par ne plus exprimer que le manque d'espace dont ils souffrent. Et les humains de se transformer à leur tour en machines. Difficile, donc, de ressentir la moindre sympathie, même si l'on peut sans mal s'identifier à l'un des deux héros, pour les stéréotypes dont se sert le réalisateur, ce qui, dans une oeuvre qui dure un peu moins de deux heures et demie, est tout de même bien dommage. Mais, après tout, était-ce bien là qu'était supposé résider tout l'intérêt du film ? Pas vraiment. L'honneur est donc sauf, tout comme le monde des hommes.

En conclusion, Transformers, que l'auteur de ces lignes avait la première fois trouvé d'une inconcevable médiocrité, s'avère finalement être un divertissement de qualité, qui sacrifie profondeur et métaphysique au profit de la jouissance inénarrable que provoque la vision de robots humanoïdes capables de se transformer en tout et surtout n'importe quoi, de combats interminables au cours desquels des pans entiers d'une grande ville sont détruits et d'explosions qui jamais ne semblent pouvoir s'arrêter, cela d'un bout à l'autre du film. Une expérience dont on ressort lobotomisé, mais heureux. Comme le dit Optimus Prime, sans sacrifice, point de victoire (No sacrifice, no victory). Si le coeur vous en dit, n'hésitez donc pas à sacrifier quelques-uns de vos neurones.

Note : 7/10


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